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Matériel & équipements : opération seconde vie !

Quelques années encore en arrière, il était de bon ton d’acheter du neuf, de s’équiper neuf, de remplacer un élément défectueux par un nouvel élément neuf. C’était de bon ton ; c’était surtout la norme, et la seule pratique (ou presque) sur le marché.

En 2023, et pour diverses raisons sur lesquelles nous reviendrons, la sonnette d’alarme semble bel et bien tirée : la gabegie, c’est fini. Une alerte qu’on ne peut plus ignorer, et que certains ont parfaitement appréhendée voire anticipée.

Quels sont les enjeux et les rouages de cette économie qui a pourtant toujours existé ? Et qui en sont les nouveaux acteurs ? Comment ce système s’applique-t-il à notre métier, et comment pourrait-il en changer les contours ? On fait le point.

Une situation aux multiples causes

Pour commencer, posons quelques jalons au vaste sujet qu’est aujourd’hui le marché du réemploi. Avec une première interrogation : pourquoi la réutilisation des équipements et matériaux est-elle un sujet aujourd’hui si important ? Après plusieurs décennies de croissance quasi exponentielle des biens manufacturés, la prise de conscience est réelle et générale : nous vivons sur une planète aux ressources finies, c’est- à-dire que l’épuisement d’une matière première signifie la fin pure et simple de sa commercialisation. Dès lors, on comprend bien l’importance de maîtriser l’exploitation des ressources naturelles, d’une part, et d’augmenter au maximum le cycle de vie de l’existant, d’autre part.

 

De nombreux organismes alertent aussi sur l’impact écologique de nos modes de vie. Par exemple, selon l’ADEME, il faut compter 8 000 litres d’eau et 32 kg de matières premières pour la fabrication d’un jean, et 184 kg de matières premières pour la fabrication d’un smartphone. Il semble donc nécessaire d’adopter des modes de vie et de consommation plus durables.

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Loi Agec : la réglementation en pleine évolution

Elle concerne tous les aspects de la consommation : production, emballage... C’est la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, qu’on appelle communément «loi Agec». Quelque 130 articles pour «transformer notre économie linéaire, produire, consommer, jeter, en une économie circulaire», comme l’indique le site Internet du Gouvernement dédié à l’écologie.

 

Cinq grands axes se dégagent :

 

  • SORTIR DU PLASTIQUE JETABLE D’ICI 2040.
    Exemple d’application : l’interdiction pour les restaurateurs d’utiliser des plastiques à usage unique pour emballer les plats à emporter.

 

  • MIEUX INFORMER LES CONSOMMATEURS.
    Exemple d’application : l’obligation pour la filière textile de spécifier la provenance de chaque matière sur les étiquettes des vêtements.

 

  • LUTTER CONTRE LE GASPILLAGE ET POUR LE RÉEMPLOI SOLIDAIRE.
    Exemple d’application : l’interdiction d’éliminer les invendus non alimentaires au profit du don ou du recyclage.

 

  • AGIR CONTRE L’OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE.
    Exemple d’application : informer le consommateur sur la mise à disposition ou non de pièces détachées.

 

  • MIEUX PRODUIRE.
    Exemple d’application : la création de 6 nouvelles filières de pollueurs-payeurs.

 

On le voit, le champ d’application de la loi Agec est extrêmement large, puisque tous les secteurs d’activités seront potentiellement concernés par un ou plusieurs axes.

Les attentes des clients / consommateurs

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Globalement, les consommateurs semblent avoir pris conscience des enjeux. Selon une étude Invibes réalisée en 2022 en France, 78 % des interrogés pensent que les marques devraient encourager les consommateurs à se tourner davantage vers une consommation durable et 62 % des Français préfèrent vendre plutôt que jeter les produits qu’ils n’utilisent plus. Enfin, 78 % des répondants optent pour ce genre d’achat pour des raisons économiques (produits moins coûteux).

 

En effet, il ne faut pas oublier que le contexte économique favorise les comportements d’économie : réparation, réutilisation, seconde main, troc... De nombreuses plateformes à destination des particuliers en font leur miel : citons Vinted, pour le prêt-à-porter, ou encore Le Bon Coin par exemple.

De nouveaux interlocuteurs pour les professionnels

De plus en plus de métiers du secteur de l’industrie sont concernés par le réemploi. Quels sont leurs interlocuteurs ? Divers services et filières se sont mis en place afin de faciliter l’accès au matériel de seconde main.

 

  • Pour les professionnels du BTP, citons Cycle Up, plateforme de vente de matériaux en réemploi. Gros œuvre, plomberie, électricité, charpente... Tout y est.

 

  • Pour l’emballage aussi, des solutions sont pensées : le vrac, bien sûr, mais aussi la consigne ou encore la création de contenants «universels».

 

  • Même en cuisine, la récup’ est de mise, avec des applications comme TooGoodToGo, qui permet aux restaurateurs de vendre en dernière minute et à prix cassé le surplus du
    jour. Une belle façon de limiter le gaspillage alimentaire.

Mémo : parlons lexique

  • Réutilisation : l’objet est donné ou vendu tel quel. Avant d’être réutilisé, il passe par le statut de déchet.
    Exemple : j’achète un téléviseur neuf, je revends l’ancien, en l’état, sur Le Bon Coin. Il est alors utilisé en seconde main.

 

  • Réemploi : l’objet est donné ou vendu à un tiers pour qu’il lui donne une nouvelle vie.
    Exemple : je vends mon téléviseurà une entreprise qui va le réparer et le reconditionner avant revente.

 

  • Recyclage : un objet est recyclé lorsque ses composants et matériaux sont réintroduits dans le cycle de production d’un objet similaire ou différent.
    Exemple : une boîte de conserve, gérée par la bonne filière de traitement des déchets, peut être recyclée à l’infini.
  • Upcycling : l’objet est récupéré et revalorisé. On recycle «par le haut» dans la mesure où l’on crée de nouveaux produits avec des propriétés supérieures au produit de départ.
    Exemple : une entreprise revalorise des palettes de transport pour en faire des meubles de jardin.

 

  • Réparation : l’objet est défectueux, mais la commande d’une pièce de rechange par exemple permet de la réparer et prolonger sa durée de vie.
    Exemple : ma machine à café est en panne. Je l’apporte chez un réparateur qui va commander et changer la pièce. Et c’est reparti pour 10 ans !

 

  • Récupération : elle peut intervenir à la source, lorsqu’un objet devient un déchet, et avant qu’il ne parte dans une filière de recyclage.
    Exemple : je récupère de vieux habits que mon voisin allait jeter, et j’en fais des chiffons.

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