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RSE : quand le développement durable infuse au cœur des entreprises
La responsabilité sociétale des entreprises est certainement l’un des sujets les plus inévitables aujourd’hui pour les chefs d’entreprise. Et pour cause : alors que nous sortons (à peine) d’une pandémie mondiale, que les secteurs industriels font face à des pénuries en tout genre, que nous venons de vivre un été économiquement dynamique mais écologiquement catastrophique, il est aujourd’hui logique de se poser des questions sur nos pratiques professionnelles.
La RSE vise justement à adopter une vision stratégique qui permette de concilier la croissance économique et les grands enjeux sociétaux. Pour y voir plus clair, nous vous proposons un dossier en 2 volets : tout d’abord un panorama général de ce qu’est la RSE, les grandes thématiques, champs d’application et obligations légales. Nous verrons ensuite comment EuroChef s’est emparé du sujet de la RSE, et quelle est la feuille de route, pour le siège comme pour les associés.
Chez EuroChef, cela fait longtemps que le sujet RSE infuse. Il faut dire que notre réseau est accompagné depuis de nombreuses années par Jean-Claude Court (Cabinet Chorus Consultants) sur différents sujets stratégiques, et la RSE est depuis plusieurs décennies son sujet de prédilection. Si, comme il le dit avec un brin d’ironie, il se sentait « un peu seul dans le désert » il y a une vingtaine d’années, le sujet de la RSE est clairement en haut de la pile de très nombreuses entreprises aujourd’hui.
Do you speak RSE ?
«Responsabilité sociétale des entreprises», «responsabilité sociale des entreprises», «responsabilité sociale et environnementale»... Derrière l’acronyme, plusieurs mots semblent plus ou moins interchangeables. En réalité, le site du gouvernement est clair sur le sujet : la RSE, c'est la responsabilité sociétale des entreprises. Puisqu’on parle de responsabilité, il s’agit d’un champ d’actions sur lequel les entreprises doivent individuellement s’approprier, afin de monter en compétence. La mise en œuvre d’actions liées aux thématiques RSE relève donc de la responsabilité de chaque entreprise.
La RSE suit le principe du développement durable : il s’agit de mettre le développement économique de l’entreprise au service du progrès social et dans le respect de l’environnement. Ces trois piliers (social, économie, environnement) sont les principes clés d’une démarche RSE.

Le saviez-vous ?
51% des Français considèrent qu’une entreprise
doit être utile pour la société dans son ensemble.
Que nous dit la législation ?
Nous le disions en préambule : charge à chaque entreprise d’initier des démarches en matière de RSE. Cette liberté ne signifie pas pour autant que l’inaction est sans conséquence. Pour l’instant, seules
les grosses entreprises ont l’obligation de produire chaque année un rapport extra-financier. Si en 2001 les seules entreprises cotées en bourse étaient concernées, la loi Grenelle 2 de 2011 a élargi le cadre aux entreprises de plus de 500 salariés et/ou au chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros. Pour l’instant, les autres entreprises ne sont pas tenues de communiquer sur leur performance sociale et environnementale.
Depuis 2010, la norme ISO 26000 définit le cadre de référence de la RSE au niveau international. Elle définit 7 questions centrales concernant l’ensemble des activités et des impacts directs et indirects d’une entreprise :
• gouvernance de l’organisation ;
• droits de l’homme ;
• relations et conditions de travail ;
• environnement ;
• loyauté des pratiques ;
• questions relatives aux consommateurs ;
• communautés et développement local.
Une approche globale
Si l'approche juridique peut laisser penser que la RSE est l'agrégation d'un certain nombre de chantiers, c'est en fait l'inverse. La RSE est davantage un prisme, une grille de lecture qui conditionne les orientations stratégiques d'une entreprise et façonne ses choix et son avenir. Une vision globale qui prend en compte toutes les fonctions habituelles de l'entreprise. Un exemple : le recrutement est aujourd'hui facilité pour les structures qui peuvent prouver leurs engagements. Cela résonne particulièrement auprès de la jeune génération, en quête de sens dans le monde du travail. Jean-Claude Court le résume ainsi : « On ne parle pas seulement environnement et social ; on parle stratégie, réduction des risques, employabilité. »


Greenwashing, social washing, qu'est-ce que c'est ?
Certaines entreprises embellissent la réalité à propos de leurs engagements écologiques : c'est ce qu'on appelle le greenwashing (ou écoblanchiment). À peu de frais, elles dissimulent des éléments gênants ou mettent en avant des actions "green" censées faire oublier des pratiques moins vertueuses. Quelques exemples de pratiques :
- le détournement d'attention ;
- le manque de transparence ;
- le faux label ;
- le mensonge (frontal ou par omission) ;
- le packaging trompeur.
D'Intermarché à Ajax en passant par EDF, beaucoup de grands groupes ont par le passé été pris la main dans le pot de miel.
Quant au social washing, il épingle les structures qui promeuvent de façon fallacieuse :
- la mise en place d’activités apaisantes ;
- la création d’espaces de repos au sein de la structure ;
- l’organisation de séminaires sur la qualité de vie au travail ;
- l’engagement d’un happiness manager.
Or, si tous ces petits ou gros mensonges sont faciles à inventer et à diffuser, il est bien plus compliqué et long d'aller chercher la preuve pour les pointer du doigt. Il est délicat de savoir si une entreprise est de bonne foi lorsqu'elle assure ignorer que tel fournisseur de la chaîne d'approvisionnement fait travailler des Ouïghours, par exemple. En définitive, rien de tel que l'honnêteté et la transparence pour éviter ce genre de polémique.

L'activité d'EuroChef et la RSE : paradoxe ou opportunité ?
L'activité de notre Réseau est par définition énergivore, c'est un fait. Mais est-ce une fatalité ? De nombreux changements induits par les réglementations ont déjà fait bouger les lignes, notamment en ce qui concerne les fluides frigorigènes, la gestion des déchets dangereux, le traitement des déchets de chantier, la collecte et le recyclage des équipements…
Aujourd'hui, travailler sur la seconde vie des équipements est devenu un réflexe pour beaucoup de professionnels, et de nombreuses autres pratiques (formations internes, qualité de vie au travail, achats responsables…) sont d'ores et déjà adoptées par nos associés.
Le prochain référencement des fournisseurs sera quant à lui capital pour franchir un pas important dans notre démarche RSE. En clair, de nombreuses marges de manœuvre s'offrent à nous, pour améliorer et optimiser notre pratique professionnelle de façon efficace et soutenable.
Les objectifs de notre démarche RSE
Brique par brique, EuroChef se place dans une dynamique de changement profond piloté par les grandes thématiques qui constituent la RSE. Voici les 4 objectifs qui nous animent :
Objectif 1 : Sensibiliser et former les associés à ce qu’est la démarche RSE.
Cette première étape a débuté lors de la réunion des associés de janvier 2022. Katia Negri, Directrice générale opérationnelle d’EuroChef précise : « Au printemps, l’actualité tendue sur notre secteur nous a forcés à mettre en stand-by le dossier. Notre prochaine réunion est prévue en octobre, et nous reprendrons des rendez- vous individuels avec nos associés en fin d’année. »
Objectif 2 : Appliquer à la structure EuroChef le processus de formalisation d’une démarche RSE.
« Nous sommes effectivement en train de construire le “plan RSE” de la centrale EuroChef. Nous déclinerons ensuite ce travail aux associés du réseau, afin qu’ils se l’approprient chacun dans leurs sociétés », explique Laura Motheau, Assistante de direction EuroChef.
Objectif 3 : Accompagner un groupe d’entreprises «pilotes» dans la mise en œuvre de leur démarche RSE.
Trois entreprises du réseau, de tailles différentes, se sont positionnées sur le sujet. Le plan d’actions est co-construit par les associés et le siège d’EuroChef. Pour Katia Negri, « il est important que chaque entreprise structure le pilotage en interne, avant même de commencer le plan d’actions ».
Objectif 4 : Animer des ateliers pour
les associés qui le souhaitent.
Comme l’explique Denis Stachowicz, membre du CoDir EuroChef : « Il est impossible de transposer des recommandations d’une entreprise à l’autre. Qu’il s’agisse de gouvernance, d’économie, de gestion de l’énergie ou encore de mobilité... La réalité est très différente en fonction des entreprises. »
Le diagnostic RSE d'EuroChef
Un diagnostic pointu a été posé sur l’existant. Six volets ont plus particulièrement été scrutés :
• économique ;
• économique et sociétal ;
• social ;
• socio-environnemental ;
• environnemental ;
• éco-environnemental.

« L’état des lieux montre qu’il y a énormément de travail dans tous les domaines », estime Denis Stachowicz. Une assertion que nuance Jean-Claude Court, qui affirme quant à lui que « le niveau de base est plutôt bon ». En revanche, il reconnaît que d’importantes disparités de connaissances existent au sein de la structure, concernant la RSE. C’est la « césure éternelle » selon le consultant : un noyau très informé, un premier cercle à mettre en mouvement, un second cercle à activer ensuite, et ensuite toute l’organisation, qu’il faudra prendre le temps de bien informer.
L’analyse a entraîné la rédaction de 68 axes de travail, pour 95 actions suivies et mesurées. C’est ce qui constitue la feuille de route de la politique RSE EuroChef. Chaque action est décrite, planifiée, attribuée, budgétée. Denis Stachowicz précise : « Ces objectifs s’échelonnent entre 2022 et fin 2024. Cela reste un travail sur le long terme, avec la nécessité d’appréhender au mieux les enjeux de demain. »

Et les fournisseurs ?
Comme nous l'indiquions en début de dossier, c'est toute la chaîne de décision qui est impactée par le regard demandé sur la politique RSE des entreprises. Ainsi, lors d'un appel d'offres, un donneur d'ordre va examiner les actions mises en place par notre Réseau. Par souci de cohérence, nous souhaitons aussi que nos fournisseurs soient dans une démarche similaire. Laura Motheau nous explique : « Lors du prochain référencement (2024-2026), les fournisseurs devront inclure à leur candidature un certain nombre d'informations liées à la RSE. ». A minima, des éléments sur les modalités économiques, sociétales et sociales seront demandés. « Et évidemment, les aspects environnementaux dans la fabrication et distribution de leurs matériels proposés à la vente pour notre Réseau. »